Introduction
La définition
du concept Management pose certaines difficultés qui traduisent
des divergences entre les auteurs, à trois niveaux:
o
l'origine du concept (terme),
o
sa dénomination,
o
et son contenu.
En ce qui concerne son origine,
on rencontre souvent deux types d'auteurs:
§
ceux qui pensent que le terme
"management" est d'origine anglo-saxonne,
§
et ceux[1] qui
rappellent qu'il s'agirait d'un vieux mot français d'origine latine (venant de manus,
la main), proche du verbe italien maneggiare (manier, conduire). Ce
terme, semble-t-il longtemps oublié dans la langue française, a fini par être
remis au goût du jour par l'Académie Française en 1973.
Il est donc important de noter qu'aujourd'hui, les termes
"management" et "manager" existent bel et bien dans la
langue française et que comme le précise O. Aktouf (1999) le premier y est défini comme "conduite",
"direction d'une entreprise", alors que le second y prend la
signification de "diriger".
Sur un autre plan, l'activité de
conduite des organisations porte plusieurs dénominations différentes. Ainsi, on
retrouve dans la littérature des termes tels que "gestion",
"administration", "animation"[2],
"management", ou "gérer", "administrer",
"manager", ou encore "gestionnaire",
"administrateur", "cadre", "dirigeant",
"manager", "manageur".
Pour S. Alecian et D. Foucher (1994) "le management est le
métier qui consiste à conduire, dans un contexte donné, un groupe d'hommes et
de femmes ayant à atteindre en commun des objectifs conformes aux finalités de
l'organisation d'appartenance".
H. Savall et V. Zardet (1997) se
différencient notablement des autres lorsqu'ils prescrivent le "management socio-économique",
qui se résume à améliorer conjointement la
performance économique des organisations et leur performance sociale, et qui met à la
disposition des managers des outils opérationnels de pilotage. Ils proposent,
en outre, une définition du management qui met l'accent, d'une part, sur le
caractère scientifique de l'approche managériale, et, d'autre part, sur les
enjeux contradictoires auxquels les acteurs sont confrontés et autour desquels
un consensus opératoire doit être construit pour produire les biens et les
services.
Il reste donc que le fondement du
Management, par delà les aspects linguistiques, reste la recherche de la
résolution de la contradiction fondamentale, chère aux marxistes, entre le
capital et le travail dans ses aspects objectifs et subjectifs.
Le Syndicalisme[3] est le fait
social et politique que représentent l’existence et l’action des syndicats des
salariés dans leur diversité. La principale fonction du mouvement syndical
consiste, aujourd’hui, dans la représentation des travailleurs salariés dans
diverses instances intra ou interentreprises, voire nationales et
internationales: négociation de conventions collectives avec les
"syndicats" patronaux, dialogue avec les pouvoirs publics sur les
grandes orientations de la législation sociale et du droit du travail (dialogue
social[4]).
Intervenant
dans l’espace de l’entreprise, on voit bien que les termes "Syndicalisme"
et "Management" nous renvoient vers des idéologies et des réalités
bien différentes. Le Management représente l’image du pouvoir dans
l’entreprise, de la vision et de la stratégie portées par les actionnaires, et
par les décideurs, alors que le syndicalisme nous renvoie, au contraire, à une
image de défense des intérêts matériels et moraux des salariés de l’entreprise.
Ce qui n’empêche pas l’existence de vision et de stratégie syndicales.
Notre problématique ici est de voir dans quelle mesure
ces deux concepts vont s’affronter ou s’allier pour atteindre chacun ses
objectifs propres.
A première
vue, les logiques d’intérêts sont foncièrement opposées. Pour les patrons, ce
sera la maximisation des profits et pour les travailleurs, la juste répartition
de leur contribution à la constitution de ces mêmes profits et la maximisation
de leur bien être social.
Au Maroc et
pendant très longtemps, c’est cette seule conception d’affrontement qui a
prévalu entre les deux groupes acteurs.
Face à des méthodes dépassées de direction des entreprises, seul le
syndicalisme de combat a caractérisé l’action syndicale et la grève l’outil
privilégié contrebalancée par le lock-out patronal. Le recours à
l’intermédiation de l’inspection du travail ou des autorités étant plus formel
qu’efficace.
Mais d’un
point de vue conceptuel, un nouveau "style" de Management est
intervenu depuis pour introduire un certain humanisme dans les relations professionnelles dominées jusque là
par le taylorisme. Et c’est le domaine de la GRH[5] qui a
enregistré les plus grandes avancées.
Les Travaux de Mayo[6]
(l’école de Chicago) ou de Maslow ont entraîné une plus grande prise en
considération des conditions psychologiques d’évolution ou de motivation du
travailleur. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’avènement de régimes
de sécurité sociale (au Royaume-Uni, Lord Beveridge puis en France), et
l’extension des droits sociaux, ont infléchi les méthodes de direction tout
comme la création d’espaces de concertation et de négociation (Comités d’entreprises,
C.H.S.C.T[7],
etc.) ont amené les syndicats à reconsidérer leur rôle. D’une attitude de
confrontation et d’affrontement systématiques, ils sont invités à devenir des
partenaires sociaux privilégiant le dialogue et la concertation sur tous les sujets
concernant le travailleur et parfois même au-delà. La cogestion à l’allemande
ou l'implication de représentants syndicaux dans les conseils d’administration
des entreprises en France ont remodelé les rapports patronat-syndicat.
Les nouvelles "techniques" de Management, surtout dans le domaine de la GRH, et le recours aux NTIC[8] et aux nouvelles technologies numériques ont
définitivement remodelé l’image du patron omniprésent et détenteur du pouvoir,
du savoir en sus des capitaux. La mondialisation qui a amené une économie de
plus en plus globalisée, occulte même les véritables détenteurs du capital donc
du pouvoir au sein des entreprises. Tout ceci a concouru à implanter un nouveau
modèle technocratique et dépersonnalisé à la tête de l’entreprise et par
conséquent un nouveau type de relations sociales.
Quelles conséquences pour le
syndicalisme?
Jusque-là
marqué par un clivage idéologique basé de la lutte des classes, entre un
syndicalisme radical de gauche en combat contre le capitalisme et un syndicalisme
modéré ou de dépendance confessionnelle, le mouvement syndical est interpellé
pour se trouver de nouveaux repères.
Avec ses
nouvelles techniques, le Management ne laisse pas indifférent. Potion
magique pour les uns, motif de tourments et de frayeurs pour les
autres, II peut être conçu comme l’ensemble des techniques et des compétences
visant à optimiser l'organisation, la planification, la direction et le
contrôle des structures et des activités d'une société. Ou, au contraire, comme
un outil au service exclusif du patronat, visant à faire passer les
restructurations d'entreprises, le dégraissage des effectifs (licenciements,
mobilité géographique, retraites anticipées et autres départs volontaires,
etc.).
Tout en admettant l’absolue
nécessité de se renouveler, tout en reconnaissant la nécessité de travailler
autrement et, pour ce faire, de modes d'organisation et de relations sociales
différents, le mouvement syndical vit un dilemme plein de questionnements:
· Les méthodes modernes de gestion doivent-elles rester l’apanage des
seules directions d'entreprises?
· Le Management est-il à rejeter ou bien à transformer?
· Peut-on faire le pari du dialogue social, de la négociation et
tourner le dos aux méthodes bien maîtrisées de confrontation et d’affrontement
perpétuels?
· Peut-on concilier les besoins de flexibilité des entreprises et les
besoins de sécurité chez les salariés?
Cette alternative est d’autant plus
cruelle qu’elle coïncide avec un phénomène de désyndicalisation accélérée. La
chute du Mur de Berlin (9 novembre 1989), l’effondrement de l’Union Soviétique
(21 Décembre 1991) qui, depuis des décennies du reste, ne représentait plus un
espoir d’émancipation, le vieillissement (obsolescence?) du débat idéologique,
l’amélioration générale des conditions de vie des salariés et, sur le plan
économique, le recul des secteurs primaires et secondaires, grands pourvoyeurs
de bases militantes (cols bleus) au profit du secteur des services (cols
blancs) moins sensibles au chant de "l’Internationale
Ouvrière",
tout comme la montée du chômage ont tôt fait de réduire les effectifs des
grandes centrales syndicales et fait émerger un monde unipolaire sous hégémonie
américaine.
Et tout ceci
va exacerber les réflexes de méfiance et
retarder d’autant, la nécessaire mise à niveau du mouvement syndical ou
accentuer le nouveau clivage entre des centrales
"participationnistes" et d’autres plus "résistantes".
Comme on
enregistrera la montée en puissance du syndicalisme des cadres. Avec la
prépondérance qu’ils prennent dans les
systèmes managériaux et leur positionnement à la jonction des intérêts des
parties en présence, les cadres sont amenés à développer des formes de
représentation et d’intervention distinctifs et à se démarquer des autres
catégories de salariés.
1.L’histoire du
mouvement syndical au Maroc
Le
syndicalisme marocain aujourd’hui est fragile. A l’image des partis politiques
marocains, le syndicalisme est éclaté. Le mouvement ouvrier est en régression,
un cinquième de la classe ouvrière serait aujourd’hui syndiqué alors qu’au
début de l’indépendance, l’U.M.T. comptait, à elle seule, plus de 600.000
adhérents sur une population d’un peu plus de cinq millions d’habitants. Les
faibles effectifs que l’on enregistre aujourd’hui se répartissent entre trois
"grandes" centrales l'U.M.T- avec 300.000 Adhérents, l'U.G.T.M.
proche de l’Istiqlal (parti politique marocain)- avec 100.000 Adhérents et la C.D.T. avec 150.000 Adhérents
reconnues également représentatives au plan national, auxquels il faudra
rajouter un certain nombre d’organisations ou de confédérations marginales dont
certaines ne manquent pas d’ambition (l'U.N.T.M., l'U.S.P., les F.O.M.,
l'U.S.T.L., le S.N.P., l'U.T.M., l'U.S.D., le S.N.E.S., l'U.N.E.M.,
l'U.G.E.M.). Les syndicats marocains ont connu plusieurs scissions parfois
dramatiques, dont certaines ont été suivies de tentatives de réunification
souvent éphémères.
Pour mieux appréhender les faits
actuels, il est donc indispensable de faire un retour en arrière, c’est
effectivement le passé qui nous éclaire sur l’existence de certaines centrales,
de certaines traditions toujours vivaces et de certaines rivalités entre
centrales.
1.1.
La naissance
C’est le 30 Mars 1912 que le Roi
du Maroc, Moulay Abdelhafid, reconnut le protectorat français dans la zone Sud
du Royaume (la zone Nord et les frontières sahariennes étant confiés à
l’Espagne). Le Général Lyautey, premier résident général (1912-1925), est
adepte d’une politique "soft" qui vise à préserver les
structures existantes et même les formes d’administration territoriale
traditionnelles. Il mène une politique assidue envers les habitants du Maroc,
pays qu’il se fixa à faire progresser en engageant d’énormes travaux au niveau
de son administration et de ses infrastructures (routes, voies ferrées, ports,
hôpitaux, écoles, etc.). Mais dès son éviction avec la fin de la guerre du Rif
(1926), suite à l’intervention de l’armée française au secours des espagnols,
les intérêts coloniaux prédominants en métropole appellent à mettre en place une administration plus
directe, à l’image de celle qui existait dans plusieurs de ses colonies et
surtout l’exploitation des richesses minières et agricoles du pays. La première
réaction nationaliste se fait ressentir et c’est à cette époque que se
constitua le Comité d’Action Marocaine, regroupement de jeunes intellectuels
formés en France bientôt rejoints par de jeunes "Oulémas"[9]
issus des universités théologiques de Fès et Marrakech. Leurs premières
revendications visent surtout à obtenir un minimum de droits pour les habitants
et une égalité de traitement, par l’application des dispositions du texte du
Protectorat. Et une des premières confrontations portera justement sur le droit
syndical. En effet, quand l’administration du protectorat finira par
l’accorder, ce sera au seul profit des travailleurs européens, et après des
escarmouches au cours des années 1934 et 1935, la fougue de jeunes
nationalistes s’est consolidée et s’est accrue. Les premières grèves de Juin
1936 ont été les véritables bâtisseuses du syndicalisme marocain.
1.2.
La marocanisation du mouvement
syndical
Au lendemain de la seconde guerre
mondiale, après la fermeture de la parenthèse vichyste et le retour en force
des communistes en France comme au Maroc, et surtout la promesse faite en 1943,
par le président Roosevelt au Roi Mohammed V, lors de la conférence d’Anfa
(Janvier 1943) tenue à Casablanca (Maroc), de soutenir les ambitions
d’indépendance du Maroc, l’espoir des nationalistes marocains se renforça,
sachant qu’en 1940, la France
était occupée. Dans un monde bouleversé par la guerre et dans un contexte local
travaillé par la montée de la revendication et du renforcement de la cohésion
nationale que l’on assiste à la marocanisation du mouvement syndical. Durant
cette phase de l’histoire syndicale du Maroc, on assiste au développement de
l’organisation, au recrutement massive de Marocains, à la création de
structures et de traditions de luttes, à l'amorce d’une législation relative
aux accidents de travail, aux tribunaux de prud’hommes, au salaire minimum, aux
congés payés, à l’inspection du travail. "Les efforts utiles, que les
contraintes de la période de Vichy n’effaceront pas et qui permettront la
reprise de la vie syndicale en 1943"[10] (A. AYACHE, 1992).
En 1946, une nouvelle avancée
s’est fait ressentir, les Marocains ont pu, dans la filiale de la C.G.T., l’U.G.S.C.M., acquérir
des postes en co-gérance avec les Français. A partir de 1947, on assiste à
l’extension du mouvement syndical (mouvement plus libre des composantes
politiques et sociales telles que le Parti Communiste Marocain, le Parti de
l’Istiqlal et l’Union Générale des Syndicats Confédérés du Maroc), d’une part,
et au développement du libéralisme économique et la multiplication des
entreprises, d’autre part qui constitueront les ingrédients d’un affrontement plus
direct. Avec l’enclenchement et la déclaration du processus d’indépendance, le
mouvement syndical s’est transformé en mouvement national marocain et en mars
1955, le paysage syndical marocain a changé avec la création de l’Union
Marocaine du Travail (U.M.T). A partir de cette date l’U.M.T. disposait d’une
force et d’un monopole qui constituait une base arrière pour les progressistes
radicaux futurs fondateurs de l’U.N.F.P. par une scission de l’Istiqlal.
Celui-ci ne tarda pas à réagir par la création de, l’U.G.T.M. en 1960.
Avec la bénédiction du pouvoir,
d’autres syndicats verront le jour: l’U.S.T.L. (1963), l’U.S.F.O. (1964). Bien
plus tard, naîtra la C.D.T.
(1978) par une scission de l’U.M.T. qui est le prolongement d’une autre
scission de l’U.N.F.P. qui verra naître le parti U.S.F.P. (1975) auquel elle
est organiquement liée.
1.3.
Le mouvement syndical dans le
remous
Plusieurs facteurs ont contribué à
l’affaiblissement du mouvement syndical. Nous retiendrons ici les effets de
quatre variables :
o
La réorganisation de la classe ouvrière: Au sujet de ce premier point il nous
semble qu’il est nécessaire de situer l’état des unions syndicales dans le
cadre de l’analyse de la réorganisation du mouvement ouvrier marocain tel qu’il
s’est développé dans les années 90. Dès que l’on s’engage dans cette direction
de recherche, on s’aperçoit à quel point "la composition de classe"
s’est modifiée au cours des dernières années créant une profonde division entre
fractions tendanciellement condamnées à être marginalisées et une fraction dont
le salaire modifie plus ou moins le comportement et la consommation. La
frontière entre mouvement ouvrier et "classe inférieure" se double
d’une autre frontière séparant les composantes du mouvement ouvrier et
affectant le fonctionnement des organisations syndicales. Cette recomposition
de la classe ouvrière explique, en partie, la prudence historique de ces
composantes fortement fixées dans les secteurs les plus compétitifs. La
prudence de ces fractions de la classe ouvrière ne peut être analysée en termes
psychologiques ou en terme de faillite historique: elle s’explique par
l’histoire industrielle du Maroc moderne et par la position du prolétariat
industriel dans la structuration sociale globale à savoir son encerclement par
de larges masses marginalisées et exerçant dans l’informel et par la montée du
chômage (qui touche de plus en plus de diplômés). Un tel comportement social,
qui est historique, n’incite pas beaucoup à s’engager dans des luttes
offensives pour arracher de nouveaux droits et de nouveaux acquis. Il incite
encore moins à prendre l’initiative dans des grèves à une échelle plus large.
L’observation concrète des grandes grèves nationales -comme celle du 14
décembre 1990- montre que le prolétariat industriel reste en général en dehors
de ces actions.
o
L’entrée des femmes dans le marché du travail rétribué: L’entrée des femmes dans le marché du
travail a transformé la configuration ouvrière lors des dernières années. Le
travail des femmes se caractérise par des salaires inférieurs, une forte
ségrégation professionnelle, et des statuts précaires. Tous ces éléments
contribuent à affaiblir le lien syndical. La relation femmes-faible
syndicalisation peut être lue à l’envers: faible syndicalisation-femmes. C’est
à dire que si les femmes ne sont pas fortement syndiquées c’est qu’elles sont
souvent employées dans des secteurs où l’identité syndicale est absente ou peu
présente comme le travail agricole, l’artisanat, les emplois précaires ou le
secteur parallèle, voire dans les PME des grandes villes.
o
Les cadres culturels: si l’on veut comprendre l’état de
faiblesse actuelle du mouvement syndical, il faudrait travailler sur la manière
dont les syndicats mobilisent les cadres d’interprétation pour rallier
militants et sympathisants. Ces cadres ne rencontrent un écho que dans la
mesure où ils touchent une corde sensible des salariés et offrent le moyen de
donner du sens à leurs expériences quotidiennes et à leurs vécus. Or ce que
nous constatons empiriquement, lors des manifestations du premier mai
notamment, c’est que les nouvelles générations d’ouvriers semblent apparemment
moins attirées que leurs aînés par l’action syndicale classique. Plusieurs
raisons sont "utilisées" pour expliquer cette défiance syndicale chez
les jeunes: les problèmes d’accès à l’emploi et le caractère épisodique de
leurs expériences professionnelles, des changements de valeurs sociales par
rapport à leurs parents. La scolarité relativement accrue des salariés engendre
une grande sensibilité aux nouvelles formes d’action collective qui mettent
l’accent sur la responsabilité individuelle et à une préférence à l’élaboration
de projets individuels. En somme, une série de facteurs, souvent
contradictoires, créent les conditions propices à un désinvestissement à l’égard
des valeurs collectives qui caractérisaient le modèle du syndicalisme du
mouvement national.
o
La nature du secteur privé et la crise économique: En outre, il faudrait souligner la
faible pénétration syndicale dans le secteur privé qui est notoire. La taille
limitée de beaucoup d’établissements et leur caractère familial réduisent la
capacité des groupements syndicaux d’élaborer et de soutenir une communauté
d’intérêts. Les relations plus personnalisées entre employeurs et employés dans
les petites entreprises qui composent l’essentiel du secteur privé, rendent
moins pertinente la représentation syndicale. Enfin, on ne peut saisir l’impact
de ces nouvelles sources de différenciation indépendamment du contexte dans
lequel elles se manifestent et des contraintes auxquelles sont soumis les
acteurs syndicaux. En effet, la crise économique a accru l’atomisation de la
société affaiblissant ainsi la capacité d’agir des syndicats notamment la C.D.T. et l’U.M.T. et les
rendant plus dépendants de l’Etat et de ses "dialogues sociaux". Les
réformes économiques et la privatisation, même si sur le long terme créent les
conditions favorables à l’émergence d’acteurs syndicaux autonomes, ont eu -en
attendant le déploiement d’un marché ouvert- un effet très négatif sur l’activité
syndicale, et favorisent l’atomisation des syndicats. La dernière scission en
date qu’a connue la C.D.T.
et l’émergence de la F.D.T.
a beaucoup affaibli l’action syndicale.
2.Les pratiques syndicales : Nouvel
horizon et nouveaux besoins
Il n’est pas aisé de parler de la
relation entre Management et Syndicalisme tant les exigences d’intérêt, les
objectifs, les procédés sont distincts; mais il est important de constater que
les bouleversements du contexte marocain: la mondialisation (l’ouverture des frontières
permettant les délocalisations d’entreprises dans les pays à coûts salariaux
dérisoires, au regard du Royaume), les nouveaux accords de libre-échange entre
le Maroc et certains pays industrialisés et du pourtour de la Méditerranée,
le nouveau Code du travail[11]
qui est entré en vigueur au mois de Juin 2004, l’introduction forte des
nouvelles technologies de l’information et des communications qui réduit
l’utilisation de la main d’œuvre, même la plus formée et la plus expérimentée,
les évolutions des modèles d’organisation et des modèles de management dans
certaines filiales de multinationales nouvellement installées au Maroc, et
l’appui au plus haut sommet de l’état (engagement du Roi Mohamed VI[12])
interpellent énergiquement le mouvement syndical. Jusqu’à nos jours, la forme
privilégiée des centrales syndicales marocaines est la grève, ce moyen traduit
généralement le mécontentement des salariés qui est suivi de l’ouverture de
négociations. Mais compte tenu de l’inflation, des difficultés que rencontrent ces
salariés (traites à honorer, scolarité des enfants, etc.), et sans compter que
les mots d’ordre, encore décidés d’en haut, on constate de plus en plus que les
grèves ne sont pas suivies avec le même engagement et enthousiasme. C’est
pourquoi les centrales syndicales marocaines ont intérêt à modifier
actuellement leurs pratiques.
2.1.
Un profond besoin de
reconstitution
Depuis plusieurs décennies, on
constate que le syndicalisme marocain a du mal à se débarrasser du modèle
patriarcal à tendance autocratique (il y a le chef spirituel au sommet qui
règne à sa manière et sans partage). Avec le nouveau code du travail marocain,
le Syndicalisme ne peut plus se réduire à la seule protection des intérêts
acquis des salariés. Ses champs de médiation sont appelés à être diversifiés,
quand bien même il s’agit toujours de défendre les intérêts de ces salariés:
politique salariale et nouvelles formes de rémunération, organisation et
conditions de travail, mise en place et participation aux comités d’hygiène, de
santé et de sécurité au travail, charge et temps de travail, mais aussi
introduction des nouvelles technologies (intranet, ERP[13],
…).
Ses formes d’intervention sont
également appelées à changer, accompagnant ainsi les évolutions
organisationnelles, s’adaptant aux évolutions de l’environnement. Les
groupements, fusions, intégrations ont eu pour conséquence de déplacer les
endroits de décision, menant le syndicalisme à déplacer également ses lieux
d’intervention.
L’exemple des relations sereines
entre Directions et Partenaires Sociaux dans les multinationales (SUEZ, VEOLIA,
LAFARGE, ALTADIS, NESTLE, UNILEVER, GROUPE ACCOR, EUREST, SODEXO, etc.)
récemment installées au Maroc en sont un témoignage. Les syndicalistes ont
l'obligation à passer de la phase de l’écoute de leurs revendications au
dialogue consistant et à la négociation sur des bases et avec des arguments
nouveaux.
2.2.
Le recours aux nouvelles
technologies
L’introduction massive des
nouvelles technologies a de nombreux effets sur les conditions et les
organisations du travail, sur les modes de management. Pourtant les dispositifs
d’accompagnement du changement technologique ne sont pris en compte, et ces
technologies ne sont pas toujours bien maîtrisées par les centrales syndicales.
Le syndicalisme ne peut rester insensible
à tout cela. Les NTIC peuvent permettre aux syndicats une meilleure
coordination, des réactions plus rapides aux décisions de la Direction et une action
forte à un moindre coût. Alors que dans beaucoup de pays, les sites intranet
tendent à se multiplier, au Maroc les demandes de connexion de la part des
centrales syndicales au réseau Internet restent embryonnaires, voire
inexistantes. Avec la multiplication des ordinateurs et leurs prix en nette
régression, on peut présager que l’économie virtuelle peut donner naissance à
des cyber-réunions syndicales (pour les antennes régionales), à des e-tracs,
voire à des cyber-manifestations.
S’il est aujourd'hui sûr
d'admettre l'idée que les nouvelles technologies de l'information et des
communications sont entrain de modifier le paysage institutionnel, force est de
constater qu’elles ouvrent le champ des possibles. Ainsi, des sections
syndicales françaises estiment répondre à leur devoir d’information en publiant
sur Internet des accords d’entreprise, des grilles de salaire et comptes-rendus
de négociations.
Coïncidence, les pays connaissant
le plus fort taux de pénétration de l'Internet tels la Finlande, la Suède, le Danemark ou
la Norvège,
présentent aussi la plus forte adhésion syndicale.
Les centrales syndicales au Maroc
doivent donc prendre des initiatives majeures dans le domaine des NTIC. La
priorité devrait être donnée aux actions qui visent à offrir aux salariés des
entreprises une meilleure qualité de l'information, en terme de sécurité, de
délai et de proximité.
2.3.
Le recours aux médias
C'est essentiellement dans la
presse que se jouent de plus en plus les rivalités. Il s'agit pour les
grévistes de s'attirer la sympathie du public, de discréditer l'entreprise, de
faire ainsi la pression sur elle jusqu'à ce qu'elle cède. L'acharnement des
clients et des pouvoirs publics par des e-mails infirmant son comportement est
déjà pratiqué dans plusieurs pays industrialisés (USA, Allemagne, France, …).
Il ne sera plus possible à l'entreprise de cacher le conflit et l'opinion
publique est prise à témoin et il lui est demandé de jouer le rôle d'arbitre.
Une présence forte sur ce champ
de "lutte" est fatalement nécessaire, sachant que d’importants
acteurs économiques ont déjà investi les médias écrits et audiovisuels.
3.Convergence
entre Management et Syndicalisme
L'encadrement dans l’entreprise est à la
fois au cœur des changements technologiques, des changements d’organisation,
ils sont les premiers concernés par l’introduction des méthodes et outils de
gestion. Si les choix stratégiques leur échappent de plus en plus, ils sont
confrontés quotidiennement à des choix opérationnels, micro-organisationnels,
d’affectation et d’allocation des moyens, de gestion de l’ensemble des
contraintes auxquelles ils doivent faire face, dans leur département, leur
service, leur unité.
Les questions
des critères de décision, des critères de gestion leur sont familières: souci
d’équilibre, d’équité, de responsabilisation, de reconnaissance des acteurs, de
maintien et de développement des compétences, …
Les critères qui guident leurs
choix ne peuvent être exclusivement d’ordre financier. Si le management global
de l’entreprise, les choix macro-organisationnels peuvent faire abstraction des
critères autres que financiers, dès lors qu’il s’agit de management de
proximité, de choix opérationnels, le périmètre des critères s’élargit
inévitablement. Le cadre a avec lui des êtres humains, avec leur savoir-faire,
leur façon d’être, leur raisonnement, leur comportement et leur subjectivité. Il
doit composer avec l’ensemble des ressources dont il dispose, l’ensemble des
contraintes d’environnement et devient un véritable "acrobate".
Nous constatons combien la
question des critères de gestion ne renvoie pas Syndicalisme et Management dos
à dos; mais combien il peut y avoir, au contraire, convergence d’intérêt entre
le syndicalisme et les cadres sur la question des critères de gestion. A
condition toutefois que le dialogue soit permis, possible entre le management
dans l’entreprise au travers de son réseau de cadres et les syndicalistes.
Porter au débat, aux échanges les questions engendrées par la mise en œuvre de
nouveaux modèles, de nouvelles méthodes, de nouveaux outils de gestion, de
nouvelles technologies, susciter une analyse critique sur les critères de
gestion qui sous-tendent ces modèles, voilà un espace totalement ouvert pour le
syndicalisme pour s’adresser aux cadres sur des questions qui les concernent en
premier lieu, qui les intéressent, sur lesquels seuls, il leur sera difficile
d’agir ou de réagir. Le syndicalisme a bien vocation à se préoccuper de toutes
ces questions, car ce sont prioritairement celles de salariés à part entière,
avec leur spécificité que sont les cadres de l’entreprise. Sur ce terrain de
proximité, le syndicalisme, représentatif de l’ensemble des salariés, se doit
de promouvoir ses propres valeurs, dans l’intérêt des salariés. Il a tout
intérêt à rejoindre le management, à s’adresser aux cadres, et à s’appuyer sur
eux pour ce faire. Le syndicalisme a besoin des cadres, les managers ont besoin
du syndicalisme.
Dès lors qu’il est question de
management de proximité, on mesure bien quelles peuvent être les convergences
entre Syndicalisme et Management. Dès lors que l’on parle de Management global
de l’entreprise, on mesure bien aussi quelles peuvent être les divergences de
point de vue, d’approche entre syndicalistes et managers. Les logiques
d’intérêts ne sont pas les mêmes, certes, mais il importe surtout qu’il y ait
réellement débat, négociation, ce qui n’est pas toujours le cas, et que le
syndicalisme soit bien présent dans ces débats, y prenne toute sa place.
4.Apports du mouvement syndical pour un dialogue social renforcé
L’entreprise n’est pas et n’a
sans doute pas seule vocation à être citoyenne. Elle ne peut toutefois ignorer
l’ensemble des parties prenantes, sous peine de prendre le risque, à terme, de
perdre pied et disparaître sous l’effet de ce qu’il est convenu "le risque
sociétal". Ces parties prenantes que sont les clients et usagers, les actionnaires,
les salariés, et la communauté, doivent être prises en compte; mais comment
trouver le bon équilibre ?
Dans un contexte d’incertitudes,
le dialogue social ne peut se résumer à la défense d’intérêts corporatistes et
à l’obtention de "bons accords", d’autant que ces seuls objectifs ne
suffisent plus à entraîner des adhésions ni à motiver les adhérents. Les
syndicats doivent innover dans leurs méthodes et apporter une réelle valeur
ajoutée aux services qu’ils offrent et aux actions qu’ils mènent.
S’il n’existe pas de recette,
sans doute faut-il au moins créer les conditions du dialogue entre les parties,
les règles du jeu du dialogue social. Cela suppose de redonner aux corps
intermédiaires et plus particulièrement aux organisations syndicales de
salariés, la place qui leur revient, leur légitimité. Le syndicalisme a son mot
à dire, pour sortir de la logique dominante et pesante de la seule
compétitivité par les coûts, afin que toutes les parties prenantes du
développement économique et social soient enfin reconnues et à égalité de
traitement.
Au Maroc, les entreprises et
leurs salariés sont, comme toujours, les plus mal lotis, le fonctionnement
général des institutions économiques et sociales ayant été essentiellement
pensé pour les administrations et les grandes entreprises industrielles. Le
nouveau code du travail a apparemment cherché à y remédier par des propositions
concrètes comme la mise en place du Conseil d’entreprise. Le dialogue social
est une des clefs de la performance globale des entreprises. Il s’agit, à
travers lui, de prendre en compte les intérêts de chaque partie parce que pour
rester efficace, l’entreprise, quelle que soit sa taille, a besoin pour
progresser, d’instances de négociation et de besoin d’instances de négociation
et de contre-pouvoirs. Et ceci est encore plus nécessaire dans le contexte
économique actuel et pour faire face aux mutations sociales auxquelles assiste
le Maroc. Comment demander aux salariés d’être responsables et émancipés dans
leur poste, de déployer des efforts et des qualités relationnelles, de faire
preuve de créativité et, en même temps, oublier de leur demander leur avis sur
la manière de conduire l’entreprise, négliger de négocier avec eux le bon
fonctionnement des relations sociales? Pour que ce type de dialogue social
existe aujourd’hui au Maroc et prenne enfin naissance, en particulier dans les
PME/PMI, il faut revoir les principes mêmes de son organisation. Cette
reconfiguration, pour être efficace, doit être développée sur plusieurs axes:
·
Faire évoluer le droit du travail
en impliquant les partenaires sociaux (favoriser les accords d’entreprise pour
des relations sociales plus contractuelles).
Les accords
d’entreprise doivent primer sur les conventions de branches. Celles-ci
constituent un niveau de négociation intermédiaire qui s’articule de plus en
plus difficilement avec les deux autres (lois nationales et accords
d’entreprise) tandis que beaucoup de conventions collectives ne correspondent
plus aux réalités vécues par les entreprises et les salariés ni au champ des
métiers qu’elles sont censées couvrir. Dès lors, les accords d’entreprise
devraient être incorporés au contrat de travail pour en faire un véritable
outil de management de proximité.
·
Création de comité paritaire dont
les membres s'occupent des questions relatives:
o
à l'emploi,
o
aux rémunérations,
o
à la formation et aux
réorganisations.
·
Formation et sensibilisation des
managers et des partenaires sociaux au rôle actif qu'ils doivent jouer en
matière de dialogue social. Cette sensibilisation interviendra, pour une bonne
part, dans un cadre de "participation à la construction d'un compromis
social dans l'entreprise". Trois missions y seront définies:
o
être acteur du dialogue social,
o
développer la veille et les
relations sociales,
o
veiller à l'équilibre entre efficacité
de l'organisation et condition de travail.
·
Revoir la cartographie des métiers
(restructurer et réorganiser le métier des branches et des métiers).
Aujourd'hui,
au Maroc, les fédérations professionnelles regroupent des entreprises de
tailles et de métiers différents et que, de ce fait, coexistent un trop grand
nombre de conventions, souvent non appliquées ou obsolètes, qui cumulent des
dispositions particulières. Il est donc nécessaire de redéfinir le nombre de
branches professionnelles pour qu'il corresponde non pas à la pérennité des
fédérations existantes mais à une véritable logique des professions. Il faut,
en effet que ce soit la problématique des métiers et de leur évolution qui
fonde ce découpage et non l’affiliation à un secteur d’activité imposée par les
statuts d’un syndicat national.
Conclusion
Le dialogue social, c’est le
moyen de concilier les intérêts catégoriels de la collectivité du personnel et
ceux des détenteurs du capital. Il est donc l’instrument privilégié de
l’intérêt général de l’entreprise. Aujourd'hui, les organisations syndicales ou
patronales ne doivent pas manager leur survie et fuir leurs responsabilités, de
même que l’État ne doit pas chercher à faire perdurer un système que chacun
sait obsolète. Une gestion moderne, efficace et "humaniste" des
ressources humaines et des organisations ne s'oppose pas aux garanties
collectives et statutaires des salariés. Face aux divisions, aux oppositions, à
l'isolement des individus, une autre logique peut s'imposer, fondée sur les coopération
entre salariés, services, entreprises et administrations; le progrès économique
et social. Cette logique s'appuie sur la démocratie, la discussion des
objectifs et de l'organisation du travail.
Moyens matériels et humains pour
travailler dans des conditions correctes. Créations d'emplois et d'activités
nouvelles. Formation professionnelle, développement et reconnaissance des
qualifications. Salaire, gestion de carrière, protection sociale,
responsabilité, droits d'expression, de contestation des choix et des
propositions... L'action syndicale, loin d'avoir perdu de sa pertinence, est
plus que jamais nécessaire pour gagner des espaces de liberté à l'entreprise.
Pour que les salariés s'approprient de nouveaux domaines d'intervention.
Enfin, la société doit être
capable de prendre en main son avenir. Il est temps de faire le pari du
dialogue contre celui des structures, en se donnant les moyens d’instaurer une
véritable culture de négociation au sein des entreprises marocaines, malgré les
résistances et les antiquailles.
La société marocaine sans
lendemain, si ce n’est celui du merchandising et de l’accroissement des
inégalités, peut voir renaître le retour de l’inquiétude qui peut être une
nouvelle ère de doute, l'époque de l'abdication plutôt que celle de la
protestation. On a constaté que la montée de l’abstentionnisme politique se
conjugue néanmoins avec l’apparition de nouvelles grèves, l’apparition d’une
nouvelle combativité syndicale, de nouvelles formes de militantisme
(extrémiste, mouvements politico-religieux, …). Le paysage marocain est
tellement bouleversé que le chemin de la reconstruction reste un endurant
travail à réaliser… La mise à niveau souhaitée par le gouvernement marocain ne
doit pas être seulement économique et financière. Elle doit être également
sociale.
Pour A. Bartoli, "aucune
réponse-miracle ne doit sans doute être attendue … la flexibilité et la
communication aux niveaux locaux ne peuvent que contribuer à l'instauration
d'échanges plus constructifs entre acteurs"[14].
En conclusion, on peut soutenir
que Syndicalisme et Management loin donc de
s’opposer ont au contraire de nombreux défis à relever ensemble, si tant est,
au moment de la mondialisation, que la contradiction fondamentale entre le
travail et l’argent est encore contrôlable dans l’espace national. Le dialogue
social doit constituer un élément essentiel d'une stratégie de réforme de
l'économie. C'est un moyen d'arriver à un certain consensus, de faire accepter
à chacun sa part de sacrifices.
L’analyse à laquelle nous nous
sommes attelés dans le cadre de la présente étude a le mérite de mettre en
exergue les nombreuses opportunités de coordination, de cohérence et de
complémentarité qui sont jusqu’ici inexploités et qui peuvent aider à accélérer
davantage le train des réformes que souhaitent engager l’Etat Marocain.
BIBLIOGRAPHIE
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management entre tradition et renouvellement", Gaétan Morin, 3ème édition,
Montréal, 1999.
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1992.
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concret, Lafarge au Maroc", 2004.
Hermel p., Le Management participatif – Sens, réalités, actions, Editions
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non-dit dans le discours sur la stratégie. Propositions pour améliorer la
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de science administrative", Dar Al Qalam, Rabat (Maroc), 2000 (en arabe).