La FDT dévoile les manœuvres de la CDT
Azzouzi épingle Amaoui
Le Bureau de la Fédération démocratique du travail (FDT) a tenu hier à Casablanca une conférence de presse pour expliquer sa position par rapport au dialogue social avec le gouvernement et sa décision d’observer une grève générale dans la Fonction publique, les collectivités locales et les établissements publics.
La lecture de la déclaration de presse a été donnée par le secrétaire général de la FDT, Abderrahmane Azzouzi, annonçant que l’offre du gouvernement est en deçà des attentes de la classe ouvrière et ne répond nullement au minimum exigé en vue de faire face à la dégradation du pouvoir d’achat des Marocains en général et des salariés en particulier.
En concertation avec l’UMT, l’ODT, la FDT a décidé donc d’observer une grève générale le 13 mai prochain en signe de protestation contre cette offre et contre les facilités accordées avec générosité au patronat, a-t- il ajouté en substance.
Dans ce cadre, le secrétaire général a fait savoir que les centrales les plus représentatives ont été saisies par correspondance pour des réunions de concertation et de coordination. La Confédération démocratique du travail est la seule centrale qui a répondu par écrit félicitant notre action. Nous sommes étonnés de voir la CDT organiser une grève unilatéralement le 21 de ce mois », a déclaré Abderrahmane Azzouzi.
Concernant la grève du 13 mai prochain, il a annoncé qu’a travers cette action militante, la FDT entend inciter le gouvernement à revoir ses propositions et continuer à exercer son devoir de défendre les droits et revendications légitimes des travailleurs. Et ce, pour atténuer la crise sociale manifeste à travers différents aspects de précarité que connaissent la majorité des secteurs productifs.
Il a rappelé que les négociations entre les centrales syndicales les plus représentatives et le gouvernement s’inscrivent dans un contexte national marqué par les répercussions des résultats des élections législatives. Ces répercussions traduisent l’inquiétude et les craintes relatives au devenir de l’action démocratique au Maroc qui se veut un Etat de droit et des institutions.
Dans ce cadre, il a ajouté que depuis l’investiture du gouvernement Abbas El Fassi, le patronat a bénéficié de plusieurs avantages fiscaux, sans aucune mesure en faveurs des couches et des ménages aux bourses modestes. Le soutien de l’Exécutif au Livre blanc de la CGEM constitue aux yeux des salariés une atteinte aux droits et acquis de la classe ouvrière et la loi de Finances de 2008, confirme cette orientation libérale- patronale.
Tout en prenant compte de la conjoncture mondiale, la FDT insiste sur le rôle de l’Etat consistant à garantir la sécurité et la stabilité du pays, et ce à travers la préservation du pouvoir d’achat du citoyen et sa sécurité alimentaire. Cela ne peut se réaliser qu’à travers une augmentation substantielle des salaires, l’allègement de l’impôt sur le revenu, entre autres, tout en trouvant des issues probantes aux revendications à caractère institutionnel,a ajouté le secrétaire général. Pour toutes ces considérations, la FDT qui a entrepris des actions et initiatives en concertation avec les autres syndicats et les partis politiques démocratiques est parvenue à placer la question sociale comme priorité et pour les politiques et les syndicats, a-t-il conclu devant plusieurs représentants des médias.
Larbi Bouhamida
09 Mai 2008