Le personnel dénonce une situation chaotique
Sit-in à la SNRT
Par: Amina SALHI
D’habitude à la recherche de l’information, le personnel de la SNRT (la Société nationale de la radio et télévision) fournissait hier une source d’information indéniable à de nombreux journalistes.
En effet, il a organisé, sous la houlette du Syndicat national de la presse marocaine, un sit-in de protestation devant le siège de la SNRT à Rabat.
Au départ, les organisateurs l’ont voulu symbolique, mais ce sit-in, organisé à l’occasion de la Journée mondiale de la presse, a fini par se transformer en un véritable procès d’une gestion fortement critiquée.
Une heure durant, les travailleurs, soutenus par d’autres centrales syndicales, dont le bureau syndical des travailleurs de la SNRT affilié à la CDT, la FDT, l’UMT, l’ODT et autres associations, ont scandé des slogans dénonciateurs d’une situation jugée des plus déplorables.
Marginalisation des compétences et recours aux sociétés de production, absence de motivation professionnelle et matérielle, clientélisme, désinformation, politique de l’information très orientée sur la base de directives, les critiques n’en finissaient pas de tomber tout le long de ce mouvement de protestation.
Exemple frappant de cette gestion longtemps dénoncée, le traitement qui a été réservé par les deux chaînes publiques à la catastrophe de Lissasfa. Un traitement aggravé par deux soirées dansantes à l’issue d’une journée ayant fait 55 morts.
Deux ans et demi donc après la transformation de la RTVM en société nationale, les protestataires appellent aujourd’hui au respect des engagements pris lors de sa création. Ils revendiquent en effet la mise en place d’un statut spécifique pour les travailleurs. Un statut qui serait à même de défendre leurs droits et renforcer leurs acquis.
Au-delà des revendications matérielles, le combat pour le personnel de la SNRT se situe à un niveau plus élevé, celui de la démocratisation de ce service public. Un objectif qui reste tributaire « de la fin du souci sécuritaire et de la politique des directives », souligne l’un des participants.
Intervenant au nom du syndicat, Abdallah Bekkali a appelé à l’ouverture d’un dialogue sérieux et responsable au cours duquel toutes les questions conflictuelles pourront être traitées. Ajoutant que « si les portes demeurent closes, nous engagerons d’autres formes de lutte ».
Le 07/Mai/2008